1/ Doit-on
considérer les aveugles comme des handicapés ? OUI 96%
Pour la communauté handicapée, il est évident qu'un aveugle est un
des leurs, ce qu'un internaute résume en écrivant : "Bien que les problèmes
soient différents, il est intéressant pour plus d'efficacité de se sentir
proches les uns des autres". Quel est le moteur de cette unité ?
"Le dénominateur commun est la difficulté" répond un
quinquagénaire aveugle. Finalement, quelle que soit la définition que l'on
donne du handicap (déficience ou bien inadaptation de l'environnement par
rapport à une caractéristique), on peut sans hésiter intégrer les personnes
non-voyantes dans la catégorie "handicapés". Le handicap est un et
multiple à la fois. L'esprit communautaire est intense entre porteurs de
handicaps contredisant ainsi la désunion officielle des associations. Plus
redoutable dans leur raisonnement, certains s'interrogent sur les motifs qui
poussent la société à vouloir ainsi étiqueter les gens. Dire qu'on est
handicapé veut-il dire que l'on est une charge pour les autres ou que l'on a
des richesses ? Certains aveugles sont reconnus handicapés par la loi, portent
une carte d'invalidité avec la mention "étoile verte"... alors qu'ils
se sentent tout à fait valides ! Qui est inadapté, la société ou la personne
différente ? En fin de compte, qui est le plus habilité à décerner le concept
de handicap ? Certains vont jusqu'à le remettre en cause : "Si
l'incapacité dont souffrent les aveugles apparaît comme potentiellement l'une
des plus handicapantes, dire que tout aveugle se doit d'être handicapé est une
généralité dangereuse et génératrice de ségrégation". Pour éviter que
l'étoile verte ne finisse un jour en étoile jaune, pourquoi ne pas demander à
chaque individu concerné s'il a le désir d'être déclaré ou non handicapé? Le
rêve n'est pas interdit. La réponse est claire : les aveugles sont handicapés
mais le leur rappeler systématiquement est suspect.