11/ Depuis 10 ans, trouvez-vous que le regard porté en France dans la rue sur les personnes handicapées a changé ? OUI 59%

En une décennie, des comportements culturels ancrés dans l'imaginaire de notre pays peuvent-ils changer ? Oui, semblent dire les personnes handicapées. Ils sont spontanément quatre fois plus nombreux à trouver que le regard des Français a beaucoup évolué qu'à juger la situation immuable. Mais que signifie "évoluer" ? Au niveau des aides publiques, l'avancée est certaine : "Il n'y a qu'à souligner la diversité des prestations proposées par les CAT et AT qui valorisent les personnes handicapées, les efforts (même petits) de l'Agefiph" me lance un quinquagénaire expérimenté. La plupart des intervenants semblent plutôt optimistes. Il y a "des choses qui changent", des attitudes que l'on voit moins, c'est globalement vrai. Inutile cependant de verser dans l'optimisme béat : la moitié des internautes handicapés trouvent que les attitudes des Français à leur égard évoluent très lentement. "Ce qui a changé, commente une myopathe, c'est que les gens n'osent plus (trop) faire des réflexions déplaisantes, me rejeter des lieux publics... "Il y a une sorte de mauvaise conscience qui semble s'être installée en lieu et place d'une réelle compréhension et acceptation" explique une internaute qui a beaucoup travaillé sur la question. Ce propos rejoint celui d'une femme handicapée qui ressent "moins de curiosité malsaine, d'effroi ou de rejet". "Le regard est toujours interrogatif mais je le trouve moins pesant" conclue t-elle. Si de plus en plus de valides transforment leur curiosité en interrogation sur le "comment venir en aide à un être venu d'une autre planète qui a troqué ses pieds pour des roulettes, ses yeux par une canne ou un chien". Reste la prochaine étape : l'action. Curieusement, les femmes handicapée se sentent beaucoup plus concernée par cette table-ronde. Elles vivent peut-être avec plus de difficulté le regard (ou l'absence de regard ?). Les plus sceptiques sur cette évolution en appellent à l'absence de respect des emplacements pour handicapés : "Ce baromètre montre que les mentalités sont dures à bousculer" souligne un handicapé fort de son expérience de 28 ans en fauteuil roulant. D'autres évoquent la façon outrageante dont on plaint ou admire le conjoint ou le parent d'une personne handicapée, l'inhumanité de certains centres pour handicapés mentaux où le tabou de la stérilisation n'a pas été levé, ces familles où l'on préfère ne pas rééduquer un enfant pour continuer à toucher l'AAH. Le voyeurisme régresse mais n'a pas totalement disparu. L'âge des cavernes n'est pas loin et l'on manque de recul pour savoir la réalité de cette avancée. Pour le moment, derrière des apparences de plus grande tolérance, il reste encore beaucoup à faire.

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