18/ La vie des personnes handicapées intéresse t-elle les valides ? OUI
32%
Malgré
certains signes prometteurs, les personnes handicapées n'ont pas le sentiment
d'intéresser vraiment les valides. Ceux qui ont un proche ou un membre de leur
famille handicapé forment un petit noyau de personnes à l'avant-garde. La
grande majorité semble indifférente et au mieux curieuse. La raison de leur
intérêt semble répondre à une angoisse (et si cela m'arrivait ?) mais la
plupart ne prend pas le temps de s'interroger. La faute à qui? La société de
consommation, le manque de temps, l'égoïsme, les explications sont diverses. En
fait, note Jean-Philippe, "la plupart de nos concitoyens se
désintéressent de son voisin (qu'il soit handicapé ou non)". Cet
intérêt pour le handicap peut même être suspect. "L'intérêt porté est
souvent pervers , pour se consoler de son propre sort, par voyeurisme ou par
intérêt morbide" constate une internaute. "Et que penser de
l'intérêt pour les personnes handicapées exceptionnelles ? (Toulouse-Lautrec,
Petrucciani...). La connaissance de ce que chacun a d'exceptionnel pourrait
être améliorée s'il existait des émissions TV ou radio parlant de personnes
handicapées anonymes. Un peu dans le genre de que fait Daniel Mermet sur France
Inter dans son émission "là-bas si j'y suis"...suggère une
chercheur en sociologie. "Jeter la pierre aux valides est un peu
façile. Ce serait bien, aussi, si les personnes handicapées se remuaient pour
se faire connaître et reconnaître, il y a une grande passivité, un effacement
qui ne facilite pas les choses" poursuit-elle. Un tiers des sondés
s'avoue plus optimiste. Alain, par exemple, constate que "lorsqu'on apprécie
les gens, on s'intéresse à leur vie, leurs joies, leurs problèmes".
Une internaute myopathe pense que les valides "s'intéressent plus qu'on
ne croit à notre sort". "C'est à nous de témoigner des vraies
difficultés de notre vie quotidienne en évitant d'être larmoyant, car les
valides se lassent vite et la dépendance leur fait peur"
poursuit-elle. Un internaute sourd pense que les nouvelles réglementations
officielles jouent un rôle important dans cette prise de conscience. Alexandra
pense que la réponse doit être nuancée : "la vie des personnes
handicapées intéresse les gens curieux et bien dans leur peau : ma voiture
aménagée les intrigue, mes conflits avec la SNCF les révoltent, ma bonne humeur
leur fait du bien. En revanche, la vie des handicapés heureux semble faire très
peur aux gens dépressifs". Le type d'intérêt est variable. "L'être
humain se compare toujours, regarde la différence, soupire Pascal, même le fait
d'avoir une attitude discriminatoire montre une forme d'intérêt, même négatif"".