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Peut-on être handicapé et réellement heureux ? OUI 81%
Ils
le disent tous avec force et détermination. Ne pas les croire serait un affront.
Ce qui empêche d'être heureux, c'est l'environnement matériel, humain, social
mais en aucun cas la personne porteuse d'un handicap. Nicole, qui a rencontré
dans vie professionnelle des centaines de personnes handicapées, explique que
"tout le monde peut être parfaitement heureux à condition de bénéficier
d'un environnement affectif favorable. Le rapport avec les parents est encore
plus essentiel que pour les valides qui, eux, peuvent au moins "voler de
leurs propres ailes" à l'âge adulte en cas de conflit ou de mésentente. Le
principal handicap, la première cause de souffrance, vient de la société et du
regard des autres, de l'intolérance des valides. Il existe bel et bien une
forme de maltraitance qui n'est jamais dénoncée à l'encontre des personnes handicapées,
parfois insidieuse, faite de "bons sentiments", parfois carrément
brutale et offensante. Les capacités à être heureux sont souvent sapées à la
base par l'entourage et la société qui n'admettent pas qu'une personne
handicapée soit "heureuse". Pour bon nombre de gens, la personne
handicapée a le devoir - pour rester dans l'ordre des choses - d'être
"malheureuse". Etre heureux, oui, mais sans le regard des autres ?
Alain sait que vivre "plutôt bien, c'est pas simple à cause de la peur
du handicap. Cette peur bloque, développe la violence,
l'infantilisation. Mon idée, c'est d'apprendre à traiter le handicap comme un
"emmerdement technique grave mais affreusement banal. On peut être heureux
si on a le tempérament à aimer traiter les emmerdement au lieu de les fuir...".
Le bonheur est tellement relatif. Comment expliquer autrement que certains
malades atteignent une certaine forme de bonheur ou de sérénité, même
lorsqu'ils sont grabataires ou en phase finale, et que parallèlement, certains
jeunes en pleine santé, sont profondément malheureux et se suicident ? Paradoxe
: le taux de suicide des handicapés serait plus faible que la moyenne
nationale. Le bonheur pour tous est une évidence : "la joie et la
peine, c'est pour tout à chacun". Didier précise : "Nous sommes
tous handicapés de quelque chose, à un titre ou à un autre : je ne peux plus
faire 80 km en vélo, je ne peux plus monter un escalier sans me cramponner à la
rampe, je ne peux plus lire sans mes lunettes : suis-je handicapé ? cela
m'empêchera t-il d'être heureux pour autant ?". Sabine, jeune maman
atteinte de cécité, est plus nuancée : "le bonheur ? Je peux dire que
cela dépend des moments dans lequel je me trouve, je suis heureuse de savoir
que je peux être maman et je suis consciente que quelque part je suis
privilégiée car je sais que certaines personnes n'auront pas cette joie".
"Etre heureux n'empêche pas les moments difficiles" poursuit
Claude. Ceux qui n'ont pas voulu répondre à la question s'interrogent : cela
veut dire quoi être heureux ?