4/ Doit-on
donner aux handicapés mentaux la possibilité de se marier ? OUI 79%
Les handicapés
mentaux font peur et leur sexualité terrorise. Il fallait aborder le tabou,
sans aucun doute. La question restait néanmoins délicate dans la mesure où les
intéressés n'ont pas pu répondre à la question. Pourtant, et c'est là le
principal enseignement, personne n'a jugé absurde d'y répondre. La tendance
générale des réponses est l'accueil du "droit au mariage pour tous".
Les plus favorables rappellent que le droit à l'amour, à la sexualité et à la
reproduction relèvent des droits humains "qui dépassent l'évaluation
des capacités de chacun" (sic), et "qu'au nom de
l'universalité de la loi qui doit s'appliquer à tout citoyen on ne saurait
s'arroger le droit de déclarer l'aptitude ou l'inaptitude au mariage".
Le respect de ces principes n'interdit cependant pas le cas par cas, à savoir
un avis médico-psychologique ou bien le partage et l'analyse objective de la
situation avec les intéressés, les parents et les proches afin de trouver un
consensus. La question véritable n'est pas le mariage, on s'en était douté,
mais l'accueil des enfants et jouer le rôle de parents. Peut-on dissocier le
mariage de l'accueil des enfants ? Tout le débat est là. Au delà de la
responsabilité individuelle et du libre consentement se pose le problème de
l'éducation des enfants dans les différents cas de figure qui peuvent se présenter.
Si seulement l'un des conjoints est handicapé mental, il faut s'assurer de son
libre consentement au mariage (est-il conscient de ce à quoi il s'engage, sur
le plan affectif, social, administratif, sexuel...) et la prise en compte de
l'éventuelle arrivée des enfants par le conjoint valide ? Dans ce cas,
l'éducation des enfants peut toujours être assurée par lui, en cas de
difficultés majeures. Si les deux conjoints sont handicapés mentaux, le
problème est plus compliqué. Tout dépend du degré de handicap (qui peut être
léger) et le degré d'indépendance. Si le mariage des handicapés mentaux mérite
d'être abordé, les internautes handicapés se refusent à une autorisation sans
limite (notamment pour les handicapés mentaux profonds). Chaque cas est un cas
particulier et il ne faut pas tirer des conclusions hâtives. "Ce qui
est préoccupant, c'est qu'aujourd'hui les handicapés mentaux sont mis dans le
même sac sans tenir compte de leurs différences" regrette un
internaute. Pourquoi ne pas imaginer un comité, qui regrouperait les familles,
les amis, des médecins, des psychologues, des représentants d'association, des
représentants de la société civile, des prêtres, etc.) pour donner un avis
éclairé ? "Ne leur demandons pas d'être plus raisonnables que la
moyenne !" met en garde une autre personne. Pour l'accueil des
enfants, et de façon plus pragmatique, certains pensent qu'il est important de
distinguer la capacité affective et la capacité de soigner les enfants
(importante mais qui ne demande pas d'être surdiplômé s'il y a des aides voire
une curatelle). Sans passion mais avec une profonde volonté de répondre à la
question, les handinautes semblent dire que le mariage et l'accueil des enfants
ne sont pas toujours possibles mais que dans certains cas, avec l'entraide, la
motivation, l'aide extérieure, c'est faisable.