Et la tendresse bordel!
Le Webmaster : Et l'amour dans tout cela ? La "relation sexuelle" semble réduite à sa plus simple expression. La tendresse, la communion des coeurs et des corps, cela mériterait une approche plus audacieuse...
Jérôme, 27 ans : Je voulais tout simplement vous annoncer que je viens de rencontrer une superbe fille et que pour l'instant tout se passe très bien. Encore une fois, le plus difficile à supporter, c'est le regard des autres, et surtout la sensibilité des gens (la pitié, la sous estimation des capacités de ma petite amie) . Personnellement j'ignore les divers regards des gens car ma petite amie m'apporte tellement, affectivement et physiquement que je suis largement consolé. Mais, il y a vraiment de l'éducation à lui faire à cette société !!!!!!
Julie, 23 ans, Nice, valide j'ai pris connaissance des réponses de chacun dans ce débat et je vais donner mon point de vue. Je trouve que de façon générale, ceux qui se sont exprimés ici réduisent déjà l'amour à une pratique sexuelle, ou tout du moins renoncent d'emblée à une véritable relation amoureuse pour ne parler que de l'acte lui-même, tel un besoin qu'il faut absolument prendre en compte et satisfaire. Très vite ce débat s'est orienté vers des solutions où l'Etat devrait prendre en charge ce "problème"; je trouve assez terrible de considérer le plaisir sexuel comme un droit ou plutôt comme un du; pour ma part je trouve ce domaine devrait totalement échapper au contrôle ou à l'assistanat de qui que ce soit. J'ai lu dans les réponses qu'un grand nombre d'handicapés prennent comme un fait établi que leur handicap les condamne inexorablement à la solitude et les exclue de toute vie amoureuse. Je vais sans doute vous révolter mais je trouve que le problème vient un peu de vous; si vous ne vous acceptez pas vous-mêmes, si votre handicap vous pose un problème insurmontable, il n'est pas étonnant qu'il gêne aussi les autres. C'est avoir les idées un peu courtes de penser que l'apparence est essentielle dans la séduction; d'ailleurs l'amour dépasse aisément ces considérations et cette fois je parle de mon expérience car je vis depuis quelques mois avec un handicapé, il est dans un fauteuil; au début je redoutais la confrontation à son handicap mais très vite ce problème n'en a plus été un car mon ami à eu l'intelligence de me plaire, il a fait en sorte que je l'aime, tout simplement. C'est pour ça, quand je lis qu'il faudrait des handicapés dans la pub, ou que c'est la société qui vous stérilise "mentalement", je me dis que cette attitude relève par trop de l'assistanat, un peu comme si, sous prétexte que vous êtes handicapés, tout devrait vous être amené sur un plateau d'argent, y compris ce qui concerne la vie intime. "la société, et surtout le gouvernement, ne fait rien pour nous faciliter la tâche" !! Non vraiment je trouve que c'est très exagéré et surtout déplacé; ce n'est pas une publicité ou un décret gouvernemental qui change la société (d'ailleurs cette façon de toujours s'en remettre aux politiques pour changer les choses, personnellement je trouve que ça relève d'un handicap de la pensée mais c'est un autre débat), si le regard des autres ne vous convient pas c'est peut-être à vous aussi de leur montrer que vous êtes "normaux" (est-ce si glorieux d'ailleurs d'être "normal" ?), que vous n'avez pas besoin, systématiquement, d'une aide extérieure, que vous n'êtes pas réduits à votre handicap et que même celui-ci est secondaire. Voilà, je vous souhaite quand même à tous bon courage, car il me semble qu'avant de vouloir faire évoluer la société, ce serait peut-être aussi à vous d'évoluer.
Jean-Robert, 35 ans. J'ai aussi l'ataxie de Friedreich depuis environ 20 ans... C'est vrai de dire que pour une personne handicapée il est très difficile d'avoir une relation sexuelle mais la relation sexuelle n'est que le noyau de la relation elle-même et pour arriver à ce noyau, il faut manger le fruit avant... ce que j'entends par "Fruit" c'est toute une relation faite d'échange, de communication, d'affection, de tendresse, d'amour, tout ces préliminaires qui se trouvent bien avant l'acte lui-même et qui rendront ce fruit encore meilleur et bien juteux. Je veux parler du fruit de l'amour évidement!!!!
Jérôme, 27 ans, Seine-Maritime : Je viens de relire l'intervention de Julie. Elle trouve que cela relève de l'assistanat de dire que la société nous "stérilise moralement" et que c'est exagéré de dire que la société, et surtout le gouvernement, ne nous facilitent pas la tâche pour fonder une famille. Ce que j'ai voulu démontrer c'est que le système économique, éducatif et culturel de notre pays, même s'il est le meilleur au monde, ne nous aide pas à envisager une «vie sexuelle normale». Bien sur l'argent ne fait pas tout, et il n'y a pas besoin d'être riche pour aimer ! Mais imaginons une situation : j'ai une petite amie, on se marie, on veut un enfant. Crois-tu Julie qu'avec 3.800,00 Frs par mois, je puis me voir papa ? Sans être sexiste, si je dois être papa, c'est avec un revenu décent. Une question s'impose : c'est quoi un revenu décent pour assumer une famille ? 3.800,00 frs, 5.000,00 frs, 6.000,00 frs, 7.000,00 frs, plus ? J'aimerai que tu me répondes. Néanmoins, avant de confirmer mon opinion sur la vie sexuelle des personnes handicapées, établissons un raisonnement mathématique. Aujourd'hui, j'assume mes charges locatives (environ1500,00 frs/mois), ma nourriture (simple et pas de la viande tous les jours. environ 2.000,OO frs), ma voiture (assurance, essence, entretien environ 1200,00 frs) soit 4.500,00 frs de charges par mois pour une vie assez calme. Si tu retires la voiture et que tu prends le transport en commun (à débattre), tu peux arriver à économiser environ 1000, 00 frs. Une fois que tu as payé toutes tes charges primaires (logement, nourriture, transport), sur ton allocation adulte handicapé (3.800,00 frs) il te reste environ 300,00 frs/mois. Alors j'ai une question, Julie : comment faire pour les dépenses vestimentaires, loisirs/vacances, cadeaux, invitations ? Là encore, on peut se démerder en tirant sur les budgets : une semaine patates à l'eau, la voiture reste au garage, et j'm'offre un superflus. Mais, si j'avais un enfant (ou trois comme j'aimerai bien), avec quel argent je les nourris ? Comment l'habiller, lui payer tout ce qu'il faut pour qu'il s'épanouisse (jouets, scolarité, loisir sportif) ? Là est le dilemme. On va me répondre ou tu vas me répondre : "travailles et tu auras un revenu plus important". Eh Julie, tu crois qu'un handicapé (lourd) va trouver un job ? Non, parce-que les employeurs ne pensent qu'à la rentabilité, tu connais tout le cinéma. Si t'as un bac +9, cela va mais si tu as un niveau B.E.P comptable, on ne t'embauche pas !!!! Oui, le gouvernement aide et soutient l'insertion des personnes handicapée (AGEFHIPH) mais, attention Julie, seulement si tu as un contrat définitif. Le problème de l'insertion professionnelle est très complexe. Certes, il faut avoir de la volonté, se battre, mais si tu observes bien les lois, les préjugés de la société industrielle, consommatrice, de Monsieur tout le monde, tu t'apercevras qu'il y a beaucoup d'hypocrisie. Je ne tiens pas à faire une dissertation sur l'insertion professionnelle mais, s'il le faut, je pourrais démontrer que rien n'est vraiment sérieux.. C'est pourquoi j'en déduis que la société et le gouvernement nous stérilisent. On nous fait croire qu'on nous aide à vivre le plus normalement possible mais en vérité on nous met une carotte pour nous faire croire qu'on avance. Si un handicapé n'a que l'amour de vivre, et qu'il n'a aucun bagage (pour de multiples raisons), il est réduit à une vie modeste. Tu as l'air de considérer qu'un handicapé doit avant tout se battre et non attendre qu'on lui serve tout sur un plateau d'argent. Et bien, justement, c'est aussi là que l'on se rend compte que la société et le gouvernement ne considèrent pas les handicapés comme des hommes et des femmes à part entière. Si les handicapés, et j'ai une pensée pour les trois myopathes qui ont créé l'A.P.F, n'avaient pas revendiqués, qui se serait occupé de nos problèmes ? Bien sûr, ma constatation sur les revenus des handicapés n'explique pas que l'on puisse aimer ou vivre une sexualité. La nature est plus forte et quand on aime, on aime. Julie, si le débat sur la sexualité n'est qu'une question mécanique, il n'a pas lieu d'être et tu as raison de dire que c'est dommage. Pour moi, la sexualité est un tout. Si on s'arrête au mécanique, France Handicap aurait du faire un cours d'anatomie, et voilà ! L'argent est un sujet à aborder dans le sens où si tu as des rapports sexuels, cela peut donner un enfant et par conséquent à des dépenses. Or, pour dépenser, il faut des revenus ! J'espère maintenant, Julie et autres lecteurs, que vous comprendrez mieux pourquoi j'ai montré du doigt la société et surtout le gouvernement car en vérité, il doit y avoir un débat national sur la sexualité. Je pense que le sujet est beaucoup plus complexe qu'une histoire de sexe ou d'argent. Il faut aussi parler des condition de vie dans les internats, dans les associations spécialisées, l'éducation ou plutôt la reconnaissance n'est pas claire voir choquante. Une fois, je suis parti en week-end avec ma petite amie par l'intermédiaire d'une association et on a été séparé pour la nuit. C'est particulièrement choquant !!! Les associations regardent beaucoup l'insertion sociale mais l'éducation ou l'accès à la sexualité laisse à désirer...
Julie, 23 ans, Je te réponds volontiers puisque tu me sollicites. Tout d'abord ce qui me vient après lecture de ton intervention, c'est une sorte d'étonnement. Je ne veux pas esquiver toutes tes questions mais il me semble que si tu as une amie, que vous envisagez de vivre ensemble et même d'avoir des enfants c'est à vous deux de trouver les solutions. Je ne dis pas que l'Etat ne doit pas intervenir ni même qu'on doit et peut vivre d'amour et d'eau fraîche mais la précarité et le chômage ne sont pas l'apanage des handicapés. Il y a plusieurs choses, le rôle de l'Etat et le regard des autres. Mais ces deux problèmes touchent n'importe qui; les handicapés ont leur problèmes spécifiques, tout comme les étrangers, les femmes en général etc. Ce n'est pas que je considère que les handicapés doivent se battre avant tout et ne pas attendre qu'on leur serve tout sur un plateau d'argent, à chacun de déterminer ses choix de vie; ce que je disais c'est que les intervenants de ce forum me paraissaient se décharger de tous leurs problèmes sur l'Etat et la société presque exclusivement, rapidement le débat sur l'amour a viré à la discussion sur d'éventuelles modalités de service de prostitution à domicile etc., bon moi je trouve juste, mais c'est personnel bien sûr, que la sexualité ne regarde que soi et qu'en aucun cas l'Etat ne devrait intervenir à ce niveau mais que c'est le lieu par excellence d'une initiative personnelle. Pour ce qui concerne les problèmes de précarité rencontrés par les handicapés c'est une réalité c'est vrai mais tous les handicapés ne croupissent pas chez eux à ne rien faire, l'insertion est possible et certains handicapés y arrivent; je ne dis pas que c'est facile bien entendu, d'ailleurs je ne parle pas vraiment en connaissance de cause. Ce que je vois juste c'est mon ami, il est en fauteuil et ça ne l'empêche pas d'avoir un travail de se déplacer à peu près où il veut, de m'avoir rencontrer etc. Et on habite en France donc on est confronté que je sache à la même société et au même gouvernement que toi. Ce que je veux dire c'est que le handicap ne me paraît pas insurmontable ni même primordial mais je reconnais qu'il faut sans doute avoir une grande ouverture d'esprit pour s'en acomoder. Quant aux revenus des handicapés je ne sais pas pour toi mais nous ici on vit avec pas grand-chose (je suis étudiante, mon ami touche le smic et même pas l'aah alors qu'il y aurait droit alors tu vois ...) et ça ne nous empêche pas de nous aimer. Mais en fait moi je ne prétends pas savoir ce que doivent penser les personnes handicapées, ni la façon dont elles doivent ou peuvent gérer leur vie; je m'étais juste contentée de répondre sur ce forum parce que je trouve ça abusé de toujours s'en remettre au gouvernement et à la société et surtout dans ce domaine, ultra-privé en somme. Ca ne veut pas dire qu'à mon avis il ne faut rien faire, bien sûr il faut toujours réclamer plus, revendiquer et exiger le respect de soi. Je ne suis pas une grande amie de l'Etat c'est tout et je trouve qu'il s'investit déjà suffisamment dans nos affaires, pour moi c'est un aveu d'échec que de s'en remettre à lui sans cesse voilà tout.
Jérôme : Julie, je viens de recevoir ta réponse et, je tiens à réagir à cette dernière. Ce que tu n'as pas compris, c'est que je mets le doigt sur un point qui me semble important de montrer : la précarité des personnes handicapées et les conséquences sur leur éventuelle descendance. Maintenant, ne résume pas mon avis par "Je suis un grand ami de l'Etat". Je ne dirai pas que j'ai eu une sexualité comme je l'aurai aimé mais j'ai un certain sens des réalités en tant qu'handicapé de naissance. Un détail très important est qu'apparemment tu ne connais pas : tu as vécu dans un milieu ordinaire et moi dans un milieu spécialisé. Certes, si on a juste envie de plaisir, le gouvernement ne peut pas nous en empêcher. Mais la sexualité va beaucoup plus loin que le plaisir physique. Pour moi, un sexe sert à partager des moments privilégiés avec son partenaire pour exprimer l'amour qui nous réunis, mais aussi à fonder une famille ou assumer un éventuel accident. De plus, j'ai aussi soulevé le problème des établissements professionnels et associatifs. En ce moment je critique l'organisation de voyages d'une association qui me permet pas d'avoir des moments d'intimité avec ma petite amie. Avant de faire de l'étude psychologique de mes interventions, je te propose de poursuivre le débat en privé car, je ne tiens pas que mes propos soit lus par des gens qui me connaissent. Si comme moi tu veux poursuivre le débat en privé, fais le savoir à hexagone. Cela m'intéresserait beaucoup ! Sans rancune Julie et bonne chance pour vous deux. Ce serait superbe que, si l'un de nous deux a un p'tit ange, l'on envoie sa photo à l'autre.
Bonjour à tous, je m'appelle Annick, je suis française, valide pour autant que ce mot ait un sens véritable; je suis mariée à Charles (bac plus neuf pour vous donner une idée de ce qu'il peut ressentir ). Il a en effet été lourdement accidenté, il y a près de trois ans en gardant de lourdes séquelles : amnésie profonde proche et lointaine, et surtout la perte totale d'une prise quelconque d'initiative ce qui intellectuellement parlant est particulièrement invalidant. Il présente un visage de marbre comme si rien ne l'affectait ce qui est une grossière erreur mais très éprouvant psychologiquement pour nos enfants et moi. J'ai lu avec beaucoup d'attention tous les messages du forum. En premier lieu cela m'a rappelé une petite histoire :l'un de mes anciens patient (j'étais infirmière en soins à domicile jusqu'à l'accident de mon mari et j'avais une réelle passion pour mon travail ) était atteint d'une sclérose en plaque tremblante, maladie invalidante s'il en est. De ce fait il avait la joie " contestable"d'avoir ma visite deux fois lorsque j'étais de pose du matin et une si c'était la pose du soir ; un jour je ne sais pas pourquoi en faisant sa toilette j'ai dis : je vais maintenant laver le petit oiseau remarque débile je l'accorde mais surtout inhabituelle pour moi ...Il m'a regardée avec beaucoup de sérieux me répondant : "vous le voyez comme un petit oiseau, mais moi je le vois comme un condor". Je me serais bien battue pour lui avoir certainement fait de la peine mais j'ai ri en le traitant de modeste pour détendre l'atmosphère, mais en même temps j'ai réalisé qu'aussi sévère soit la maladie, même sur un tel sujet le rêve ne s"efface pas. J'étais pourtant je crois la seule infirmière de l'équipe dont il aimait bien avoir la visite du soir, car je ne rechignais jamais à lui installer une K7 coquine dans son vidéo après énumération des titres que je vous laisse imaginer pour qu'il puisse choisir. J'allais en plus avec l'accord de sa tutrice( pour le coté financier) lui louer des K7 ad hoc pour les copier chez moi(ayant deux vidéos ); cela permettait de n'avoir qu'un jour de location ;le commerçant du vidéo club s'étant probablement forgé une idée assez décoiffante à mon égard, me regardait d'un drôle d'air, ce qui faisait se tordre de rire mon mari... Je crois que mon âge canonique pour lui - j'aurais pu être sa mère - me permettait d'aborder ce "problème" avec lui comme avec mes enfants, de façon plus cool, alors que mes jeunes collègues le considéraient comme un cochon. J'ai abordé de nombreuses fois ce sujet avec elles, m'opposant à un mur, et malgré tout convaincue que c'était une composante importante dans l'équilibre affectif de ces patients ; au bout du compte je vais peut être vous étonner mais je me suis souvent demandée s le positionnement de la société à ce propos ne dépendait pas essentiellement de la relation personnelle de chacun face à la relation sexuelle, à la recherche du plaisir, à la légitimité de cette recherche. Je crois qu'il faut avoir soit même une vue dynamique et épanouie pour accepter que d'autre tendent à vivre ce que l'on éprouve soit même avec bonheur... Et alors là mes amis, nous ne sommes pas sortis de l'auberge car dites vous bien que les valides ayant une sexualité, je dis bien, gratifiante ne courent ni les rues ni les prés!!!
Maintenant parlons du système des prostituées pour invalides aux Pays Bas ;habitant à Liège près de Maastricht, j'ai eu l'occasion d'assister à un colloque sur le sujet; ces dames reçoivent une formation spécifique pour les invalides sévères, quant aux positions et à la façon de les manipuler sans danger. Je trouve que c'est une bonne idée car elles reçoivent en outre des informations médicales sur les différents types de handicaps ce qui permet sûrement les questions oiseuses qui doivent donner envie au questionné de répondre :" bon on ne va pas faire une pendule sur ma santé". Le remboursement par la sécu des prestations des dites dames... pourquoi pas? Les censeurs trouvent ils à redire lorsque X ou Y ont des états d'âme et vont chez le psy ? Non! tout le monde trouve normal que la sécu rembourse 45 mn de parlotes additionnées bien souvent d'une ordonnance de médicaments plétorique... En plus on ne consomme pas le psy!!!! Ou est le vol je vous le demande? Blague à part, j'ai eu des patientes prostituées ; même si elle ne sont pas douées d'une culture renversante, elles sont souvent très et assez psychologues, côtoyant de grandes misères et solitudes humaines, la leur en premier chef, ça forge souvent le caractère . Bien sur c'est vénal et c'est très loin du grand amour romantique, mais ne pourrait-on pas assimiler cela à bien des rencontres de vacances ou de boite de nuit qui se révèlent aussi distrayantes qu'éphémères pour ceux qui s'y adonnent? Et puis lorsque l'on pense à ce qui conclu le grand amour soit le mariage, un sur deux aboutit à un divorce, cela relativise les choses.
Nous avons parlé de la misère sexuelle de beaucoup d'hommes handicapés ou non, mais parle-t-on de celle des femmes? Celle-ci est recouverte d'une chape de plomb digne de la calotte glacière. Pourquoi? Parce que dans notre reste d'éducation judéo-chrétienne si la recherche du plaisir chez l'homme peut sembler un peu discutable par certain elle sous tend tout de même une idée de virilité assez incontournable. Mais nous pauvres femmes ne serions pas soumises aux mêmes pulsions dixit les hommes... Nous fonctionnons différemment, ayant beaucoup de difficultés à dissocier le haut de la ceinture -le cérébral- du bas de la ceinture pour une relation pour une relation complète; si nous aimons flirter, une relation sexuelle demande un engagement intellectuel pour nous permettre de nous donner et d'ouvrir ainsi la porte au plaisir. Je crois que cela nous exclu de facto d'une relation avec un prostitué ; qu'en pensez vous? J'ai bavardé comme une pie, boss qui réglemente le forum fera l'élagage utile pour que j'occupe un espace plus limité. Je fais un petit tour sur le site tous les jours, à bientôt.
Le webmaster : Merci Annick de votre franchise... mais pour revenir à l'homme à qui vous enregistriez des K 7, pensez-vous l'avoir aidé ou entretenu sa solitude affective ?
Annick : je ne crois pas avoir aidé ou entretenu sa solitude affective pour la simple et bonne ou mauvaise raison, qu'elle était imparable vue la sévérité de son handicap, pour mémoire sclérose en plaque tremblante plus un sérieux début de difficultés à la parole; il fallait avoir relativement l'oreille et l'habitude pour le comprendre facilement. Mais vous qui revenez sur ce sujet , je vous dirais bien comme un avocat, si mon intervention semble vous déranger sinon perturber vous devez bien avoir une petite ,ou encore mieux grande idée, dont nous serions heureux de prendre connaissance, quant à savoir qu'aurais-je pu faire comme valide c-à-d personne ayant accès à l'extérieur , sinon répondre à une demande pertinente de sa part car lui seul était capable de juger si elle était ou non un palliatif pour sa sexualité. Je suis peut être idiote mais même à cinquante berges je n'imagine pas une seconde q'un film X puisse combler un temps soit peu la solitude de qui que ce soit; je présume que pour parler platement c'est un support à la "veuve poignet", point à la ligne .Quelque part je ne peux m'empêcher en lisant une telle remarque, de penser à un certain parisianisme dit branché qui veut faire de réalités toute simples même si elle sont tristes, une montagne en atomisant une puce.
Le webmaster : ni puce, ni montagne mais mieux comprendre les motivations et les réflexions de chacun. Merci de ce précieux complément. Personne n'a la prétention de vous juger, nous essayons de comprendre, c'est tout.
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